Les Capteurs de rêves


«ll y a encore autre chose à ajouter. J'étais parti, il y a au moins vingt ans de cela, sur de grands discours, de grandes idées, que je n'étais pas du tout le seul à défendre, sur une certaine possibilité de peinture idéale, qui serait un drapeau dans ce sens-là. Et effectivement, j'ai toujours conservé cette idée en me disant que ce qui serait intéressant, ce serait de faire un drapeau, et non une peinture qui serait comme un drapeau. Et je me souviens de cela, parce que c'est vrai qu'au tout début, surtout entre Parmentier et moi, on parlait beaucoup de cela comme d'un achèvement éventuel de la peinture. évidemment, on pouvait se référer, à ce moment-là, à Barnett Newman et à des gens comme ça. Et je crois qu'une grande partie de mon travail, à ce moment, en tant que peintre, tendait à essayer de faire une peinture qui soit aussi proche que possible de la neutralité, de la sécheresse, et de la clarté d'un drapeau. Je pense à cela maintenant comme une théorie, mais c'était une idée qui n'était pas loin d'une certaine peinture, et que j'ai reprise à mon compte quand j'ai commencé à peindre des trucs dehors, en me rendant compte du fait que c'était là encore le plus intéressant, puis qu'on pouvait faire une peinture qui soit drapeau, et non pas essayer d'en faire une qui soit comme un drapeau. Bon aujourd'hui, pour aller plus rapidement, je suis très intéressé par le drap qui flotte - pour ne pas dire drapeau - dans l'idée de faire, disons, des sculptures, et non des monuments, même modernes, car en plus de toute la symbolique, il y a sa prise au vent, son déploiement, le fait aussi de son côté mort, dés qu'il n'y a plus de vent.»

Extrait de l'entretien sur le thème du drapeau, de Daniel Buren avec Georges Roque, in Artefactum, Anvers, novembre-décembre, 1984, n°6.

 

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