Oeuvres Multimédia et Internet

L'art créé pour l'ordinateur et le Web connaît quelques problèmes. La liste des raisons est longue mais CAE se limite à en identifier trois qui lui paraissent majeurs. En premier lieu et par dessus tout, la recherche dans les media électroniques ne fait que commencer. On ne peut exiger l'ampleur du vocabulaire d'un médium aussi ancien que la peinture de la part de l'art digital après seuelement 20 années d'existence. Il faut ajouter à ce problème que la plupart de la recherche effectuée jusqu'à maintenant doit être rejetée parce que la technologie évolue très rapidement (contrairement à la peinture qui, elle, bénéfiche d'une structure technologique très stable pouvant compter sur un enseignement et une recherche spécialisés. Les technologies de la communication et de l'information changent tous les ans, sinon plus vite. Se maintenir au courant des nouveautés informatiques constitue un travail à temps plein. Qui a encore le temps ou les aptitudes lui permettant de penser uniquement au procédé électronique en tant que démarche artistique après cela?

Deuxième problème: Le tape-à-l'oeil. La plupart du travail reste une démonstration des possibilités impressionnantes de l'équipement et des nouveautés dans les applications informatiques. Bien souvent, même s'il y a un contenu raisonnable dans ce type de travail, il finit par se perdre dans le tape-à-l'oeil. La technologie elle-même devient le contenu, et peu d'artistes ont compris comment contrecarrer cela. Troisième problème: la monumentalité. Le projet doit être gros: it doit être envahissant: il doit être global. Si le projet n'est pas monumental, le travail est comparé à celui de l'usager normal. Il est bien malheureux que les mêmes moyens «modernes» d'intervention en histoire de l'art, qui consistaient à produire une oeuvre plus grosse et plus spectaculaire que la précédente, s'appliquent à présent dans l'environnement électronique.

La stratégie principale de CAE pour éviter ces problèmes lors de la production des oeuvres est de suivre la formule: « mieux vaut petit et limité ». Un projet hypertexte pour le Web, par exemple, lorsqu'il est indépendant et bien conçu, est beaucoup plus intéressant pour CAE qu'une oeuvre excédans l'échelle et les aptitudes humaines de manipulation parce que le tape-à-l'oeil est ainsi éliminé et que le contenu reste le contenu. CAE est interessé au travail électronique dans une échelle beaucoup plus humaine. CAE prend en considération le consommateur de technologie de tous les jours et le temps qu'il peut dédier à un projet en tenant compte des aptitudes normales du public utilisant l'informatique. Lorsque ces exigences sont rencontrées, l'art informatique et ses technologies connexes peuvent produire une information très viable et un système de présentation qui combine les qualités formelles et conceptuelles d'une manière engageante et plaisante. Évidemment, aucun artiste ne gagnera le titre de «visionnaire électronique» en travaillant à l'intérieur du domaine de l'usager ordinaire. Heureusement, ceux d'entre nous qui sont intéressés par un art de contenu peuvent vivre avec cela.

Critical Art Ensemble

Dans le cadre de La Biennale de Montréal, nous avons sélectionné l'oeuvre Diseases of Consciousness, réalisée en 1996. L'oeuvre a été commentée dans la troisième édition du Magazine électronique du CIAC.

 

cv de l'artiste

 


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